Le château de Meung sur Loire

par Céline (admin)
le chateau de meung sur loire

Il était une fois un moine St-Liphard qui décida de venir créer sa communauté sur les ruines d’une ville vandalisée au VIème siècle. De là, le site de Meung sur Loire devient un lieu de résidence épiscopale des évêques d’Orléans et ce, jusqu’à la Révolution Française. Aujourd’hui, demeure privée ouverte au public, de nombreux travaux de restauration voient le jour sous le dynamisme de leurs propriétaires. Ils nous donnent ainsi le privilège de parcourir l’Histoire des souterrains au grenier, en passant par les salons richement aménagés.

Aujourd’hui, il fait froid, il pleut et je vais me replonger avec délices dans mes escapades estivales où je suis partie à la découverte de notre Histoire ! Généralement, quand je visite je ne m’intéresse que brièvement au lieu convoité, me laissant tout le loisir de le découvrir d’un œil neuf. Et c’est ce que j’ai fait pour le château de Meung sur Loire. Je savais juste qu’il se trouvait au centre de la ville (plus pratique pour le trouver) et qu’on l’appelait le château aux deux visages.

Le château de Meung-sur-Loire, les extérieurs

810 ans d’Histoire

« Entre petite Beauce et Sologne, sur la rive droite de la Loire, le château domine les petits ruisseaux formant les mauves, modeste affluent de la Loire qui, autrefois, ont connu une activité importante avec pas moins de 39 moulins ».

Une partie de ces mauves a été réhabilitée et vous pourrez y découvrir le jardin d’Ilex et un parcours de promenade.

Pour revenir au château, c’est donc en ce lieu que Saint Liphard décida de s’installer. De monastère à collégiale, de résurrections à pillage, le site devient un site essentiel pour la religion catholique en devenant la résidence des Evêques d’Orléans.

Un premier château fût construit au XII ème siècle accolé à l’église et dont il ne reste que les tours Massanés du nom du commanditaire. Un peu à l’étroit, un nouvel édifice est construit en face, se modifiant, s’agrandissant au fil des siècles pour connaitre le visage d’aujourd’hui inchangé depuis le XVIII ème siècle.

Confisqué à la Révolution Française, le château est passé entre les mains de différents propriétaires privés. Depuis 2010, c’est Xavier Lelevé et sa famille qui ont la lourde tâche de redonner vie à cet ensemble et ils s’y emploient corps et âme pour un résultat magnifique, malgré les lourdes responsabilités qui pèsent encore sur leurs épaules.

Le château aux 2 visages

Quand je suis arrivée dans la cour juste après avoir acheté mon billet, je pensais avoir compris ce surnom de château aux deux visages, avec sa façade moyenâgeuse et un dôme de la période néo-classique du XVIII ème siècle. Je n’étais qu’au début de mes surprises. Une fois passée côté ouest face à des bâtiments au crépi rose, j’ai convenu que c’était plutôt de cela dont l’on parlait ! Et c’est ce que j’aime particulièrement : Traverser les siècles en un après-midi.

Et je ne peux m’empêcher de penser que cette richesse architecturale éclectique est précieuse. Et je m’interroge, de façon très libre et brute, sur la volonté de préservation des Monuments Historiques qui semblent mettre sous cloche aujourd’hui toutes ces vieilles pierres, les freinant parfois dans leur évolution architecturale. Leur survie ne résiderait-elle pas dans une adaptation du temps qui passe plutôt que de vouloir les garder intactes d’une époque révolue ?

Le parc

Je vais être honnête avec vous, je ne me suis pas précipitée dans le château à mon arrivée mais dans le parc. De grandes étendues d’herbes (un peu jaunies par le temps particulièrement chaud et sec) fait face à des rangées de tilleuls et d’une forêt ensuite plus dense. Auparavant, les Evêques et leurs invités pouvaient se promener, dans sa partie sud-est, dans un jardin à la française, qui se transforma ensuite en parc à l’anglaise. Mes pas m’ont emmenée jusqu’à un pavillon qui n’est pas sans rappeler le Trianon de Versailles.

« On aperçoit le fantôme d’un pavillon raffiné qui a autrefois accueilli des fêtes impromptues données par Monseigneur l’évêque et qui ne demande qu’à revivre »

Quelques ruches face au château forment l’espoir de la volonté de redynamiser le site en prenant soin de ce qui l’entoure. Bien évidemment, face aux urgences de la sauvegarde des bâtiments, le parc et sa transformation ne sont pas la priorité. Chaque chose en son temps et je suis certaine de voir de belles choses émergées d’ici quelques années.

Le château de Meung-sur-Loire, des souterrains au grenier

Quand on rentre dans le château c’est un véritablement voyage dans le temps qui nous est proposé, des salons XVIII à la salle à manger moyenâgeuse. Ce qui m’a surprise agréablement c’est la richesse des ameublements tant dans leur quantité que dans leur qualité. Tout est déposé avec soin et rigueur. C’est d’autant plus surprenant que le château a été acheté complètement vide.

Les objets insolites

Les collections d’objets insolites rendent la visite, entre autres ludiques et éducatives, je vous laisse découvrir la tasse à la moustache. On les appelle aussi des boita koïs.

"c'est une "tasse à moustache" des années 1890. Dans la seconde partie du XIXème siècle, la moustache est à la mode. Elle est savamment taillée et mise en forme à l'aide d'une cire spéciale qui fond à la chaleur ... L'anglais Harvey Adams a donc invité en 1860 cette tasse spéciale qui se répandit rapidement dans le monde occidental pour disparaître dans les années 1920/1930.
« C’est une « tasse à moustache » des années 1890. Dans la seconde partie du XIXème siècle, la moustache est à la mode. Elle est savamment taillée et mise en forme à l’aide d’une cire spéciale qui fond à la chaleur … L’anglais Harvey Adams a donc invité en 1860 cette tasse spéciale qui se répandit rapidement dans le monde occidental pour disparaître dans les années 1920/1930.

Il ne faut pas confondre

De même, les « il ne faut pas confondre », sont des délices à découvrir et on apprend ainsi de nombreuses choses sans en avoir l’air !!

La soupière et le crachoir !

Mes pièces coup de cœur

Et allez savoir pourquoi j’ai été marquée par l’appartement de bains des évêques et sa collection de baignoires au fil des siècles !! En fait j’ai trouvé cela original et peu commun. Finalement ce que l‘on retient des nos visites, ce n’est pas toujours ce que l’on croit et pas forcément les pièces le plus luxueuses en tout cas.

Et bien sûr, les souterrains qui ne manqueront de vous faire frémir en songeant aux malheureux détenus et soumis à la question….

Pour finir

Malgré la bonne volonté et l’énergie des propriétaires actuels, le château est fragile et abimé n’ayant pas été suffisamment entretenu depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ainsi, le pavillon sud-est privé de ses ardoises, survit malgré, bon gré aux intempéries et au temps qui passe tout simplement. En 2020, les travaux ont été sélectionnés par la mission Bern de la fondation du patrimoine. Alors si vous souhaitez participer à votre hauteur à la sauvegarde de vieilles pierres, rendez-vous sur le site de collectes de fond :

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/chateau-de-meung-sur-loire, pour 30 euros déductibles des impôts, vous pourrez achetez une ardoise marquée à votre nom. Elle viendra compléter les 26000 autres nécessaires à la restauration et qui vous permettra, à vous, de rentrer dans l’Histoire.

Pour aller plus loin

Si vous allez visiter le château, profitez-en aussi pour découvrir les alentours entre jardins et Basilique.

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