La méthode Miyawaki – recréer une forêt primaire

par Céline (admin)
projet silva

Il était une fois un petit colibris, Yann, qui, soucieux du réchauffement climatique entreprit de faire sa part en replantant une forêt primaire dans sa région : le Tarn. Accompagné d’un autre colibris, Alexandre, et d’une poignée de bénévoles, ils entreprennent aujourd’hui de modifier durablement un 2ème lopin de terre pour les générations futures.

J’ai découvert cette méthode complètement par hasard. J’étais en visite à Toulouse chez notre mamie Paulette, grande femme sage de 98 ans. J’aime bien y lire la presse locale, la Dépêche du Midi. Au gré de mes lectures, je tombe sur un article qui mentionne la fameuse méthode Miyawaki … Il fallait que je creuse !

Les enjeux

Une séquence vidéo

C’est le nombre d’arbres qu’il serait nécessaire de planter pour absorber les 2/3 du CO2 émis depuis l’ère industrielle pour limiter le réchauffement climatique et enrayer la chute libre de la biodiversité.

La méthode Miyawaki

La méthode, du nom de son créateur Akira Miyawaki, consiste à créer la forêt primaire (sans aucune intervention de l’homme) d’il y a 13000 ans, alors en pleine expansion. Les arbres ne sont pas choisis au hasard. En effet, on tend à reproduire la forêt présente à la dernière période glacière, différente selon les régions bien sûr. En France, par exemple, le noyer ne sera pas choisi dans cette reforestation puisqu’il a été introduit par les romains il y a, seulement, 2000 ans.

Pourquoi l’ère glacière ? Les essences ainsi sélectionnées ont en mémoire, dans leur patrimoine génétique, plusieurs réchauffements et refroidissements climatiques. De plus, les jeunes plants sont plantés densément et de façon aléatoire. Cette densification volontaire (30 fois plus qu’une reforestation classique, à raison de 3 arbres par m2) favorise les échanges et l’entraide entre les arbres afin qu’ils puissent grandir plus vite. Après 3 années de surveillance, la forêt devient alors autonome et opère sa sélection naturelle. C’est véritablement un don à la nature et à la biodiversité car elle ne sera plus visitée ni exploitée.

D’ici 20 ans, 30 000 arbres viendront compenser 4,5 millions de km de voitures/an. Attention, ce n’est pas pour autant qu’il ne faille pas réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. La compensation végétale ne saurait à elle seule infléchir la tendance au réchauffement climatique.

Le projet Silva

La première forêt du projet Silva 2018

En France métropolitaine, la forêt représente 16 millions d’ ha dont seulement 0,2 % est encore dite naturelle. De plus, 84 % ne possèdent que 2 essences différentes. Face à ce constat, Yann Roques (archéologue) et Alexandre Leuger (réalisateur) se lance un pari fou : planter 30 000 arbres (30 essences différentes) sur 1 ha grâce à un mouvement citoyen. Le projet Silva est lancé.

Quand une espèce végétale disparaît, ce sont 30 espèces animales qui disparaissent aussi !

En 2018, quelques mois seulement après avoir lancé leur cagnotte : 5000 arbres furent plantés à Le Garric, dans le Tarn, sur un terrain généreusement donné par un propriétaire privé.

Forts de ce succès, le deuxième projet est lancé pour cet automne et la cagnotte est déjà en ligne. Pendant 3 ans, le réalisateur, Alexandre Leuger, filmera l’évolution de ces forêts pour un documentaire certainement riche d’enseignements.

Reforest’action

Sur les mêmes principes de participation active, une entreprise sociale et solidaire a vu le jour en 2010, avec l’ambition de reforester la planète : Reforest’action : Je plante ma forêt

Au moment où j’écris voici le nombre d’arbres plantés : On va jusqu’aux 4 millions d’ici la fin de l’année ?

Le principe est assez simple : particuliers ou entreprises participent financièrement en plantant des arbres virtuels. Vous choisissez votre projet que cela soit en France ou à l’étranger et vous cliquez. Les équipes techniques se chargent ensuite sur place de les transformer en réels. Vous avez également la possibilité d’aider physiquement à la plantation des arbres bien sûr.

La méthode Miyawaki est particulièrement utilisée pour revitaliser les villes afin d’y obtenir une forêt mature et riche en biodiversité. En France, 75 % des français sont urbains. Nous l’avons vu cet été, il est urgent de rafraichir nos centres villes et d’assainir notre air, c’est une question de santé publique !

200 volontaires pour la plantation d’une forêt primitive dans le Bois de Vincennes (mars 2019)

Cela vous interpelle ? Super, l’année 2020 se prépare dès maintenant. L’appel à projets est ouvert jusqu’en septembre 2019 pour postuler au financement de sa forêt. Si vous êtes propriétaire d’un terrain de plus de 2ha, vous pouvez postuler !

Une forêt primitive avec pour toile de fond une demeure historique, ça me plaît !

Pour résumer …

Quand on comprend tous les bénéfices qu’apportent une forêt en termes de compensation en CO2, de purification de l’eau, de l’air, en évitant l’érosion de nos sols et en les régénérant, en étant un refuge à la biodiversité, … On comprend alors vite l’intérêt de planter des arbres encore et encore …

Pour finir …

Nous sommes tous des colibris ! Nous avons tous à faire notre part, même la plus petite car multipliée par des millions on peut réaliser de grandes choses.

Alors quelle serait votre part ? Participer à la cagnotte, planter des arbres, offrir un arbre, donner un terrain, devenir bénévoles? Faites ce qui vous parle le plus, mais passez à l’action !

Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.

Échangeons …

Vous avez la connaissance de techniques qui permettent de régénérer la terre et se habitants? Vous connaissez des lieux ou des actions tout aussi inspirantes ?

Ecrivez-moi, je serais ravie d’échanger avec vous.

Pour en savoir plus …

Le projet silva

Reforest’action

La méthode Miyawaki

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